vendredi 10 septembre 2010

Séance du 8 juin 2010

Haïti - Misère et Espoir
par Mme Doris Charollais








Mme Doris Charollais nous présente son regard sur un pays qu’elle connaît bien, puisqu’elle y a travaillé depuis de nombreuses années dans le cadre de Terre des Hommes Suisse. Elle nous donne d’abord quelques informations sur la géographie et l’histoire de cette île, découverte par Christophe Colomb en 1492 et baptisée Hispaniola. Habitée par les Indiens Arawaks, elle sera bientôt peuplée par les esclaves envoyés d’Afrique. Mais en 1801, un esclave affranchi, Toussaint Louverture va libérer les autres esclaves, créant ainsi le premier pays du monde gouverné par des esclaves affranchis. Mais les Français ne peuvent supporter ce mouvement et ils arrêtent Toussaint Louverture une année plus tard à peine ; ils l’emmènent en France et l’emprisonnent au Fort de Joux, dans le Jura. A peine 5 mois plus tard, le pauvre Toussaint mourra de pleurésie dans son cachot glacial où il était maintenu au secret avec son domestique.











Contrastes: côtes magnifiques et habitat précaire













Les montagnes sont pelées











Le bidonville de Cité Soleil

La 1ère république noire de 1804 a depuis vécu des heures nettement plus sombres avec les Duvalier père et fils et avec les espoirs déçus par le père Aristide. C’est une terre de contraste, avec de magnifiques côtes, mais dont les montagnes ont été pelées par la coupe incontrôlée du bois pour la construction et le chauffage. Les cyclones sont très fréquents sur l’île et font des dégâts énormes dans les quartiers de bidonvilles où s’entassent des milliers de personnes. En 50 ans (de 1959 à 2009), la population a passé de 3.2 millions à plus de 9 millions d’habitants, l’espérance de vie est très basse (59 ans pour les hommes, 62 ans pour les femmes), reflétant ainsi les conditions misérables dans lesquelles les habitants doivent vivre. La capitale, Port-au-Prince, est une gigantesque concentration de plus d’un million de personnes, dont 200'000 s’entassent notamment dans le bidonville de Cité Soleil. L’agriculture occupe 60% de la population mais peine à nourrir plus de 70% de la population. Les exportations (café, coton, sisal, textile) sont entre les mains de grandes compagnies étrangères ou d’une oligarchie locale. Autre exemple de l’exploitation de la population : les « restaveks » (qui reste avec), de très jeunes enfants que leurs parents n’arrivent pas à nourrir et qu’ils confient comme domestiques dans des familles. Evidemment l’école n’est pas au programme pour eux…










Une très jeune "restavek"












L'effet dévastateur du séisme du 12 janvier 2010











Une "maison-tonnelle" construite par Terre des Hommes Suisse

L’une des tâches que s’est fixée Terre des Hommes Suisse est de procurer à quelques-uns de ces 250'000 petits domestiques des conditions d’existence plus normales en les accueillants dans une maison où l’on s’occupe d’eux et où ils recevront une formation professionnelle. Mais le 12 janvier 2010, le terrible tremblement de terre vient mettre a sérieux coup d’arrêt à ces efforts, comme pour l’ensemble de la population. Les dégâts sont gigantesques, les morts innombrables, la maigre d’économie est détruite, la misère n’en est que plus profonde. Les familles se réfugient sous des tentes souvent improvisées. L’insécurité règne dans nombre de ces campements de fortune. Mais grâce à l’action sur place de Terre des Hommes Suisse, 1500 enfants reçoivent chaque jour un repas et surtout trouvent un cadre sécurisant qui leur permet d’oublier un peu, si cela est possible, les terribles effets du séisme. Des maisons-tonnelles ont été construites et permettent de fournir notamment des cours et des activités qui rendent un peu le sourire à ces enfants tellement défavorisés.












Un bel exemple des peintures naïves haïtiennes

vendredi 4 juin 2010

Séance du 11 mai 2010

Quelques phénomènes naturels lumineux de jour et de nuit

Par Monsieur André Maeder

Avec cette première présentation, il est question de phénomènes plus ou moins communs, et l’occasion est belle de montrer et surtout d’expliquer l’origine de quelques exemples parmi les plus spectaculaires. Du simple arc-en-ciel aux aurores boréales, ce fut un défilé d’images saisissantes et tout à fait inattendues pour certaines, comme les auréoles, la « gloire » ou le spectre de Broken. L’Alpenglühn et sa blancheur un peu fade dans le soir, sans aucune ombre. Ou ces étonnants piliers de lumière surgissant à l’horizon. Les parahélies et le halo au lever du soleil, la lumière zodiacale, la plupart de ces phénomènes lumineux ont une explication scientifique précise, souvent liée à la présence de gouttelettes d’eau gelée dans la froidure matinale. Mais s’il est rassurant de savoir pourquoi des manifestations aussi bizarres de la nature peuvent nous apparaître dans certaines circonstances bien précises, c’est surtout leur vision qui est très impressionnante.


L'Alpenglühn








Arc-en-ciel double











Auréole













Gloire









Piliers de lumière











Aurore boréale










Petra et la Jordanie 180 ans après les aquarelles de David Roberts

Par Monsieur André Maeder

Dans cette seconde présentation tout aussi originale, M. Maeder a voulu montrer la correspondance étonnante entre certaines aquarelles de l’Ecossais David Roberts, réalisées lors d’un voyage en Egypte et au Proche-Orient en 1838, et sa propre découverte d’Aqaba, du site de Pétra, du Mont Nébo et du Jourdain en Jordanie. La comparaison est la plus frappante à Pétra, cette ville dissimulée dans la montagne, créée par les Edomites au VIIe siècle avant J.-C., puis habitées par les Nabatéens et redécouverte en 1812 par le Suisse Jean-Louis Burckhardt. L’accès par l’étroit boyau du Siq, à peine large de quelques mètres entre des parois rocheuses verticales, est l’une des raisons de la quasi-disparition du lieu pendant plusieurs siècles. A la sortie du Siq, on découvre immédiatement l’un des monuments les plus impressionnants, le Kazneh, sorte de temple funéraire taillé dans le rocher. D’autres monuments ont été également peints par David Roberts (les tombeaux royaux, le Deir, notamment) et photographiés récemment par M. Maeder : la comparaison des deux versions, à quelque 180 ans d’intervalle, est absolument saisissante. La minutie des aquarelles, pourtant exécutées rapidement, démontre bien le rôle informatif, descriptif, de ce genre d’œuvres, à une époque où la photographie et les voyages organisés n’existaient pas, et où elles constituaient donc la seule manière de découvrir des terres lointaines. On ne peut que rester admiratif devant ces œuvres aussi brillantes, aujourd’hui où les avions et les caméras digitales semblent mettre le monde entier à la portée de tous. Et pour les sédentaires, Internet et Google Earth, avec ses millions de photos géolocalisées, permettent aussi de rêver à ces contrées lointaines…



Le voyage de David Roberts en 1812














Le Siq, l'étroit défilé qui conduit au site de Petra











Entrée du site de Petra











La Kazneh - le Trésor











Le Kazneh vu par Hergé












Les tombeaux royaux





















El Deir - le Monastère, situé au bout du site






















Petra vu depuis Google Earth

Chaque carré bleu est une photo accessible en ligne!


mercredi 28 avril 2010

Prochaines séances

Mardi 11 mai 2010 à 17 h. , locaux d'Uni3 à Baud-Bovy:

Monsieur André Maeder: deux présentations à la suite:
"Quelques phénomènes naturels lumineux de jour et de nuit"
et
"Petra et la Jordanie 180 ans après les aquarelles de David Roberts"

Mardi 8 juin 2010 à 17 h., locaux d'Uni3 à Baud-Bovy:
Madame Doris Charollais:
"Haïti, premier pays du monde issu de l'abolition de l'esclavage, hier et aujourd'hui"

Bienvenue à tous !

Toutes les informations sur notre blog:

http://uni3reportages.blogspot.com

lundi 26 avril 2010

Séance du 13 avril 2010

Iran : des pierres de Tabriz à la douce Caspienne

Par M. Attilio Barenco














Avec le talent et la force de conviction que nous lui connaissons, Monsieur Barenco nous a fait part de ses impressions lors du voyage effectué au printemps 2009 dans le nord de l’Iran. Voyageant à nouveau avec un couple d’amis iraniens, il a pu approcher ce pays, comme il l’avait déjà fait deux ans auparavant, dans des conditions bien différentes de celles qu’offrent généralement des tours organisés par des voyagistes.










Partis de Téhéran en voiture, la première étape sur le chemin de Tabriz est le sanctuaire de Soltanyieh, en fait une mosquée funéraire, avec des voûtes décorées impressionnantes.










Puis ce fut Tabriz, halte très ancienne sur la route de la soie, ville principale de l’Azerbaïjan iranien. Le bazar avec ses divers caravansérails, ses boutiques innombrables, son hall aux tapis, invite à la flânerie et l’aventure du marchandage, sans lequel aucune visite ne serait complète.











La Mosquée Bleue et ses faïences bleues parmi les plus belles de tout l’Iran (dont on ne voit malheureusement aujourd'hui que des reproductions en peinture, suite à la destruction de la mosquée par un tremblement de terre), la forteresse, la Maison de la Constitution (réminiscence de la révolution de 1906) – autant d’occasions de découvrir les facettes les plus prometteuses de la ville.










Plus au nord, la rivière Araxe fait frontière avec les voisins du Nord : le Nakhitchevan (province séparée de l’Azerbaïdjan), l’Arménie et l’Azerbaïdjan.










A Jolfa, une belle église arménienne, Saint Stéphane, avec son dôme aux décorations à la fois si simples et si savantes.

Puis ce fut le Lac Ouroumieh , vaste étendue un peu terne, salée.










De là, en route vers Ardebil, berceau de la dynastie des Safavides, avec sa très belle mosquée-mausolée du Sheikh Safi : céramiques bleues, plafonds aux décorations très élaborées,










la succession des petites niches pour abriter la collection de porcelaines chinoises réunies par le shah Abbas 1er - tout n’est qu’enchantement pour l’œil.

Le temps grisaille et un banc de brouillard semblent protéger l’accès à la mer Caspienne. Il est vendredi, les Iraniens profitent de leur jour de congé, on se plonge dans la vie quotidienne des habitants de la région.










A Astara, au bord de la mer, les tapis pendent devant les maisons, attendant un acheteur. Les cultures de riz animent la campagne.










A Masuleh, on découvre un petit village accroché à la montagne, avec ses anciens bâtiments, ses ruelles étroites et vivantes.

Le voyage se terminera à Sari, en passant par les villages côtiers de Ramsar et de Valiabad, où le couple d’amis iraniens possède une jolie maison. C’est à Sari que Hady l’ami iranien retrouve la maison de ses parents, le vieux puits, les cultures de riz, les fouilles archéologiques… Un périple riche en découvertes et en émotions, que l’orateur a su à merveille nous faire partager.

mardi 9 mars 2010

Séance du 9 mars 2010


Souvenirs d’Arménie

Myriam et Bernard Hauck




















Erevan et le Mont Ararat












Centre d'Erevan














Exemple de Katchkar (monument funéraire)

















Monastère de Marmashen (Xe - XIe siècles)












Monastère de Tater (IXe et XIIe siècles)












Jeunes Russes en promenade à Lermontovo












Le caravansérail du Col de Selim (1332)








La présentation de Myriam Hauck, dont le commentaire est ponctué par quelques ajouts de son mari, rend compte de ses impressions durant un voyage d’une dizaine de jours en mai 2009. Ce petit pays de moins de 3'500'000 habitants, entouré de toutes parts par des pays souvent hostiles, sans accès à la mer, sans grandes ressources, souvent envahi au cours de son histoire, essaie de survivre à l’effondrement du régime soviétique. Le tremblement de terre de 1988, le chômage élevé, la guerre pour le Haut-Karabagh, ont laissé des traces sur la vie quotidienne des habitants. Mais la très longue histoire du christianisme et de l’Eglise arménienne, la beauté des monastères, la richesse des manuscrits anciens, la ferveur des habitants, sont autant de joyaux que l’on découvre en parcourant le pays. Face à la capitale Erevan se dresse le Mont Ararat, imposant au-dessus de la plaine, ultime refuge de Noé pendant le déluge – mais inaccessible aujourd’hui pour les Arméniens, puisque situé en Turquie, ce voisin que l’on n’arrive toujours pas accepter à cause de son refus de reconnaître le génocide de 1915.

Dans ce contexte tourmenté, les monastères des Xe et XIe siècles apparaissent vraiment comme des lieux de paix et de beauté – Marmashen, Sanahin, Tater, Haghartsin. Par leur méthode de construction particulière, certains ont ainsi échappé aux multiples séismes et nous sont parvenus intacts. Sanahin : village natal des frères Mikoyan, dont l’un fut ministre du ravitaillement sous Staline et utilisa les monastères comme greniers à grain (les sauvant ainsi de la destruction par les athées soviétiques), et l’autre constructeur, avec Gourevitch, d’avions de guerre dont le fameux MiG 21 ! Ailleurs, c’est la trace laissée par la Russie tsariste, qui a déplacé vers 1850, le long d’une route, tout une communauté de croyants sectaires, dans ce qui est devenu le petit village russe de Lermontovo. Y subsiste une Russie oubliée et paysanne, où se retrouvent des formes architecturales et des modes de vie que l’on croirait encore d’une autre siècle. – Une incursion dans la République du Haut-Karabagh a permis de mieux saisir toute la violence de la guerre et la lutte pour la reconstruction de ce minuscule pays de montagne, notamment à Chouchi. Autre paysage de montagne : le col de Sélim, avec son extraordinaire caravansérail du XIVe siècle, sur l’antique route de la soie, aplati sur son flanc de montagne, et pourtant richement décoré de motifs purement orientaux. – Retour vers la capitale, encore marquée par les constructions grandioses du temps des soviétiques, mais qui peine à accueillir les quelque 1'100'000 habitants qui s’y pressent. Pour terminer, quelques vues insolites : les restes de grandioses constructions soviétiques abandonnées en rase campagne avant d’être terminées, les tuyaux de distribution du gaz qui zigzaguent à deux mètres du sol à travers la ville, les petites marchandes qui essayent de vendre aux touristes leurs petits tricotages…

Un pays attachant par la gentillesse de ses habitants et par l’impressionnante beauté de ses monastères, fortement soutenu par une diaspora puissante qui finance la reconstruction ou l’entretien de routes ou d’églises.