mercredi 25 mai 2011

Séance du 10 mai 2011

Sibérie : le long des fleuves Irtych et Ob vers le Cercle Polaire

Par Anne-Marie Paunier

Rappel : cliquez sur les photos pour les agrandir, cliquer sur la flèche « Retour » de votre navigateur pour revenir au blog.

Ce voyage effectué durant l’été 2010 avait été organisé pour la première fois par une agence française. Et c’est pour la première fois aussi qu’un groupe de touristes était reçu par les habitants de certains villages le long de ces deux fleuves.









Après un vol Paris-Iekaterinburg, c’est la découverte de cette grande ville de l’Oural, si proche de la limite entre Europe et Asie, sur la ligne du Transsibérien. Après la visite du monastère érigé sur le lieu de l’enterrement des restes de la famille impériale russe assassinée par les Bolchéviks, le voyage se poursuit avec le Transsibérien jusqu’à Omsk. Grande ville sur le fleuve Irtych, Omsk est le point de départ de la croisière fluviale avec le Rimsky Korsakov, bateau utilisé exclusivement par ce groupe de touristes.


Iekaterinburg - Le lieu où furent enterrés les corps de la famille du tsar assassinée par les Bolchéviks










La colonne marquant la limite entre l'Europe et l'Asie, à quelques kilomètres de Iekaterinburg















Le Transsibérien est arrivé en gare d'Omsk










Première halte importante le long de l’Irtych : Tobolsk, ancien lieu de détention de la famille impériale. Puis, le long du fleuve, arrêt sans débarcadère, avec un système astucieux de rampes en bois pour débarquer les passagers, et visite d’un monastère. Diverses haltes permettent de faire connaissance avec des villageois et de goûter à leurs délices alimentaires.



Halte le long de l'Irtych - En l'absence d'un débarcadère, les matelots improvisent une passerelle, alors que le bateau est amarré à un arbre de la rive









Les commères, à la fenêtre de leur isba, sont ravies d'accueillir les touristes étrangers.










A Khanty-Mansiisk, l’Irtych se jette dans l’Ob. La ville connut une récente gloire avec l’organisation des championnats du monde de biathlon. La navigation est lente, sur ces fleuves immenses dont la navigabilité est limitée à quelques mois par années. Quand la glace empêche les bateaux de naviguer. Ce sont les camions qui les remplacent, utilisant les étendues glacées comme route.



Au confluent de l'Irtych et de l'Ob, Khanty-Mansiisk est une ville qui se développe rapidement, dopée par le gaz et le pétrole de la région.










L'immensité de l'Ob au crépuscule









A Salekhard, on touche le Cercle polaire. Cette ville est en pleine effervescence depuis la découverte de gaz et de pétrole dans la région. Fin de la croisière de près de 10 jours sur les fleuves, traversée en bac, puis le train pour retraverser l’Oural et atteindre Vorkouta, centre minier en perte de vitesse et ancien lieu de détention du Goulag. La ville se vide, les mines ont toutes fermé sauf une, l’ambiance est assez sinistre.


A Vorkouta, la dernière mine en fonction. Cette région minière fut un immense lieu de détention et de travail forcé du temps du Goulag.














Le retour vers Moscou se fera en train, à travers la République des Komis. Un long voyage à travers la toundra puis la taïga, avant d’atteindre la capitale enfumée par les gigantesques incendies de forêt qui ont ravagé les environs cet été là. De longs trajets en train et en bateau, dans des conditions plutôt confortables, pour découvrir des régions qui, jusqu’à peu de temps, étaient encore totalement interdites aux étrangers. Un voyage qui a laissé des impressions puissantes, pas prêtes de s’effacer des mémoires.




La cathédrale Saint-Basile sur la Place Rouge à Moscou, noyée dans les fumées des incendies de forêts qui faisaient rage cet été-là autour de Moscou.


jeudi 21 avril 2011

Prochaine séance le 10 mai 2011

La prochaine séance aura lieu
le mardi 10 mai 2011, à 17 h.
dans les locaux d'uni3, 8-10 Passage Baud-Bovy, Genève

Le sujet sera:

Sibérie - le long des fleuves jusqu'au cercle polaire

par Madame Anne-Marie Paunier.















La Sibérie n’est pas notre but d’excursion habituel. Rares sont ceux qui auront fait un tel voyage, hors des sites le long du Trans-Sibérien. Le voyage auquel nous convie Anne-Marie Paunier est d’autant plus passionnant – une plongée dans l’immensité russe, au-delà de l’Oural.

Séance du 12 avril 2011

Chalandamärz
par Madame Raymonde Wagner

Raymonde Wagner nous invite à partager une fête populaire grisonne qu’elle a pu voir de très près, invitée par des amis grisons. Les Calendes de mars sont le premier jour du mois de mars selon le calendrier romain. Le 1er mars, dans plusieurs villages des Grisons, on célèbre le « Chalandamärz », une fête au cours de laquelle les enfants du village, portant de grosses cloches, vont sonner dès le petit matin pour chasser les « esprits blancs » de l’hiver et ouvrir ainsi la porte au printemps. Dans le village Sils-Maria, en Haute-Engadine, la tradition est vécue avec panache et enthousiasme par toute la population. En particulier par les enfants qui, sous la supervision de leurs aînés, préparent et animent la fête. Il faut apprendre les chants à l’école, choisir les cloches à l’étable, apprendre à les faire sonner, apprendre à les porter - préparatifs joyeux qui vont prendre plusieurs semaines. Quand le grand jour est là, tôt le matin il faut s’équiper, former le cortège et s’en aller dans le froid et la neige à travers le village, sonner devant chaque maison, récolter dons et friandises, tourner autour des fontaines pour rendre hommage à l’eau, source de vie et de fertilité, monter au petit village perché au fond du Val Fex, sonner encore, chanter (« Si vous donnez quelque chose, Que Dieu vous bénisse, Si vous ne donnez rien, Que le loup vous bouffe ! ») . Le cortège est organisé de façon stricte, avec les filles aînées qui tiennent la tirelire, le Senn qui accompagne le cortège et dirige le chœur, le « Cheval » qui tire la luge des friandises, le « Berger » qui contrôle le cortège avec sa flûte. Après leur tournée, tous les enfants se retrouvent devant la boulangerie pour un chocolat chaud et un petit pain. Le soir, fatigués mais heureux, les enfants se prépareront pour le point culminant de la fête : le bal. Pour certains, la célèbre « polonaise » de ce bal sera une grande première. Ils entreront dans le monde des grands, comme lors d’un rite de passage.

Ce qui apparaît au visiteur comme une belle tradition haute en couleurs et en musiques est pour les jeunes de ces villages leur grande fête annuelle, une première occasion qui leur est offerte de s’affirmer et de sortir de l’enfance. Au-delà du folklore alpestre, nous assistons à un vrai événement social et formateur, où les adultes affichent un très grand respect pour ces enfants qui se montrent à eux avec tout le sérieux et la volonté de leur jeune âge.

Grâce à sa position privilégiée d’invitée d’un habitant du village, Raymonde Wagner a pu recueillir de nombreuses informations peu connues et nous a ainsi présenté un véritable reportage, d’une grande richesse informative et émotionnelle. La discussion nourrie qui a suivi en a été la preuve.



Le massif de la Margna, qui domine Sils-Maria















Les plus jeunes enfants habillés pour le Chalandamärz



















Le cortège parcourt le village



















Les enfants portant les plus grosses cloches - les Marun et les S-chella




















En route vers le Val Fex

























Le choeur chante sur la place du village



















Les aînés dans leurs plus beaux atours, en prévision du bal du soir



















Les enfants dansant la "polonaise", durant le bal.