mardi 29 janvier 2013

Séance du 15 janvier 2013


Oman
Par Jean-Marc Meyer (chirurgien)


Muscat (ou parfois Mascate) est une capitale très fleurie dont les divers quartiers, parfois cachés entre des montagnes, sont tous reliés par des autoroutes. Ruwi est le quartier des affaires. Dans le quartier « branché » de  Al Qurum, le Sultan a fait construire récemment un grand Opéra (800 places), avec un orchestre dont les musiciennes jouent voilées dans leurs costumes fleuris. Autre construction moderne, la grande mosquée, payée par le Sultan, possède un immense tapis de prière tissé en Iran. Muttrah est une petite ville historique sur la côte au nord de Muscat, dont le port, la mosquée chiite, le souk et les anciennes maisons blanches le long de la corniche forment un ensemble très pittoresque. Plus loin sur la côte, Kantab est un petit village de pêcheurs blotti au fond d’une crique, avec des curieux systèmes de relevage des filets depuis la plage. Shafaq est un accueillant club des officiers et de là on peut visiter le musée militaire. Profitant de leurs bonnes relations avec un officier omanais, l’auteur et son épouse ont été invités à visiter l’île de Masirah, qui, outre le petit village de pécheurs bédouins, est une base militaire très importante au large de la côte omanaise ; vol direct par un avion de l’armée de l’air ! Nizwa est une ville abritée dans une palmeraie, avec un ancien fort et un étonnant système de canaux permettant de répartir équitablement l’eau pour l’irrigation. L’occasion de découvrir ici un des moyens de conserver la fraîcheur des boissons avec une outre dont la capillarité permet une évaporation lente, et donc le refroidissement du contenu : c’est le frigo du désert. Le Jebel el Akhdar possède de magnifiques canyons, dans le fond desquels coule beaucoup d’eau. On y pratique la culture en terrasses, pour les légumes (aubergines, tomates), qu’il faut ensuite remonter vers les villages situés plus haut, où la température est plus fraîche : 50° au fond, 25° en haut, comme lors de ce pique-nique à 2500 m. Dans le centre est du pays, les Wahiba Sands sont d’une grande beauté, qui attire les touristes ; pour eux, on y a établi un « camp des 1001 nuits ». Pour atteindre Quriyat, il a fallu parcourir plus de 90 km de routes tortueuses : c’est un port sur la côte, avec son fort et sa batterie côtière. Ici, réception dans une famille dont on pourra partager les travaux (culture de bananiers et de manguiers) et les loisirs (chameau de course, promenade en mer, exploration des coraux). Dernier lieu visité, à l’extrême Nord du pays, l’enclave de Musandam, qui garde le détroit d’Ormouz. Zone fortement militarisée, mais aussi un ancien fort et un musée. Dans des cavernes, des vestiges des hommes des cavernes et des dessins rupestres attestant de la grande ancienneté du lieu.



 Carte d'Oman

Muscat Autoroute urbaine

 Muscat - Quartier de Ruwi

 Muscat

Muttrah - Le port

 Muscat

 Muscat - La Grande Mosquée

 Muscat - L'Opéra


Muscat - Orchestre de l'Opéra

 En route vers Masirah

 Masirah - La patronne de la pêcherie

Le fort de Nizwa

Distribution d'eau à Nizwa


 Jebel el Akhdar - Cultures en terrasses

 
Jebel el Akhdar - En remontant des terrasses

 Jebel el Akhdar - Pique nique

Wahiba Sands

La fraîcheur d'un wadi

 Ferme à Quriyat

 Quriyat - Fraîcheur

 
Masandam, sur le détroit d'Ormouz

 Plage à Muscat

 
 Pêche

 
Famille bourgeoise

 Famille bédouine



 Bédouins du désert

 A table !

Coucher de soleil final

mercredi 9 janvier 2013

Séance du 11 décembre 2012


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La Namibie
Par Klaus et Frieda Dellamaria

Dès le début du 19e siècle, les territoires du sud-ouest africain ont été visités par des missionnaires et des commerçants allemands.  Ils deviennent un protectorat allemand en 1884, les tribus Herero, Nama et Hottentotes se révoltent mais sans succès. Les Allemands abandonnent leur colonie à l’Union Sud Africaine en 1915, qui en fera partie jusqu’en 1966. Le mouvement de la SWAPO (South West African People’s Organisation) luttera alors pour l’indépendance et, en 1990, naît un nouvel état : la Namibie. Le pays compte 12 ethnies différentes, dont les bushmen et les hottentots. Sur les 2.2 millions d’habitants, environ 85% sont chrétiens. La langue officielle est l’anglais, mais l’afrikaans est la langue la plus parlée, et l’allemand reste très répandu. La capitale Windhoek est une ville moderne avec des traces de style colonial rappelant l’Allemagne impériale. Les noms de rues et de bâtiments sont encore en allemand. 
Le voyage, effectué avec une simple voiture, commence par une boucle dans le sud du pays, de Windhoek vers Keethmannshoop, Aus, Lüderitz et Swakopmund. L’occasion de découvrir l’art coloré de cette population. Puis viennent les paysages grandioses, les « arbres de cuivres », les rochers en forme d’animaux, puis ces immense espaces, parcourus par la ligne noire et droite de la route. La terre desséchée ressemble à des tuiles. Kolmanskop, une ville-fantôme de chercheurs de diamants au milieu de nulle part, disparaît à moitié dans les sables. On peut encore voir les bâtiments abandonnés en assez bon état, école, habitations, etc. La route ensuite se transforme en piste. UN simple arrêt sur le côté et c’est l’ensablement. Une voiture s’arrête, deux femmes donnent un coup de main pour se sortir de là – une chance, croisé seulement 3 voitures en 8 heures sur cette route. Vision inattendue : un arc-en-ciel, dans une région où les précipitations atteignent 2-3 cm par an !
Namib-Naukluft National Park : c’est le pays des immenses dunes de sable : le Sossusvlei ou Désert Rouge. Couchers de soleil de rêve, lodge luxueuse perdue au milieu d’un désert de 80 x 30 kilomètres, un must dans ce pays immense grand comme 20 fois la Suisse ! La faune de ce milieu hostile se limite apparemment aux spingbocks et aux oryx. Une chaîne montagneuse forme une barrière contre les tempêtes de l’océan voisin. La côte atlantique est fraîche et dangereuse.  La ville balnéaire de Swakopmund comporte de nombreux vestige du passé colonial, don tune très belle Hohenzollernhaus. La ville est aussi le point de départ du train « Desert Express », le Transnamib, qui trois fois par semaine rejoint la capital Windhoek.
De là part la boucle Nord de ce voyage, par le Damaraland, puis vers le Kaokoveld, le pays des Himbas,  puis jusqu’au fleuve Kunune, qui fait frontière avec l’Angola. Enfin, le parc national d’Etosha et ses grands animaux formera la dernière étape de ce périple. Les paysages sont grandioses, avec des formations rocheuses qui font penser un peu à Monument Valley en Arizona ! C’est le pays des Damaras. Des gravures rupestres vieilles de 5000 ans, bien cachées dans une crique de montagnes rouges, rappellent les premiers peuplements.  Autre curiosité : les « organ pipes », formations basaltiques qui émettent des sons quand on les frappe.
La tribu des Hereros peuple la prochaine région : le Kaokoveld. Les femmes s’habillent encore à la mode de 1890, avec d’amples jupe et un curieux turban en travers de la tête, le « otjikaaba ». Descendants des Bantous, les Hereros forment une structure sociale complexe, à la fois matriarcale et patriarcale. Les femmes gèrent les biens matériels, et les hommes assurent l’autorité et les actes sacralisés ou cultuels. Alors que les Hereros sont vêtus comme à l’époque victorienne, leurs voisins les Himbas vivent à moitié nus. Les femmes Himbas sont fières de leur beauté et s’enduisent d’une poudre d’ocre mélangée à du beurre et parfumée d’extraits végétaux. Grâce à des cadeaux offerts au chef de tribu, qui se chargera de les redistribuer selon les besoins, il est possible de s’approcher et de photographier ce peuple si fier de ses traditions. En quittant les Himbas, on se trouve à la frontière avec l’Angola et c’est déjà la dernière étape : le Parc National d’Etosha. L’un des hôtels du parc est le fort Namutoni, qui fut en 1899 un poste militaire avancé de la colonie allemande. Ce parc de 23'000 km2 offrent de nombreux points d’eau d’où il est possible d’observer la faune et la flore. Zèbres, flamants rose, pélicans, pintades (« bush meat »), girafes, oiseaux secrétaires, éléphants, autruches, figurent parmi les nombreux animaux découverts et photographiés dans ce parc gigantesque. Le retour à Windoek marquera la fin de ce voyage haut en couleur, réalisé en voiture individuelle, sans guide – avec juste ce qu’il faut de témérité pour se lancer ainsi seuls dans un pays immense et peu peuplé, avec des infrastructures touristiques limitées. Pour chacun de nous, il est probablement plus sage de visiter la Namibie avec l’aide d’un guide professionnel.

 Carte de la première partie du parcours

 
 Artisanat

 Une route impressionnante dans le désert

 Kolmanskop - ville fantôme du temps des mines de diamants

 La route devient piste - Ciel d'orage

 Un arc-en-ciel dans le désert: plutôt inattendu!

 Un hôtel dans un désert de 80 x 30 km...

 Dunes de sable à Sossusvlei

 Troupeau d'oryx

  Hohenzollernhaus à Swakopmund

Le "Desert Express", 3x par semaine vers Windoek

 La seconde partie du parcours, dans le Nord

 Tafelsberge

 
 Couple de la tribu Herero

 Jeune beauté de la tribu des Himbas

 La case des palabres chez les Himbas

Le choc des civilisations !

 Parc National d'Etosha - un des nombreux points d'eau

 
 Flamants roses dans un "Stinkwater"

Girafes au point d'eau

Troupeau d'éléphants à Etosha

 Girafe à la recherche de nourriture

Eléphants en famille

 Un éléphant à moins de 10 mètres: il faut des nerfs solides pour prendre une telle photo!


lundi 26 novembre 2012


Séance du 13 novembre 2012

Guerre et paix en Papouasie

Par Lily-Marie Johnson

Cette semaine passée en Papouasie faisait partie d’un voyage autour du monde de Lily-Marie Johnson. Escale pour le moins originale, parmi les peuplades indigènes qui conservent leurs coutumes et costumes. La Papouasie fut découverte en 1511 par les Portugais  qui lui donnèrent son nom. La peau foncée des habitants fit penser à des explorateurs espagnols qu’ils avaient émigré depuis l’Afrique, d’où le nom de Nouvelle-Guinée donné à cette grande île qui fait partie de l’Océanie, tout comme la Polynésie ou la Micronésie. Le nom de Papou proviendrait d’un nom malais, qui veut dire « crépu ». Une même ethnie d’environ 200 individus a été trouvée sur les côtes du Bengladesh. L’île appelée Papouasie est divisée aujourd’hui en deux, pratiquement par son milieu, par une frontière quasi rectiligne allant du nord au sud : à l’ouest, la Papouasie occidentale, ou Irian Jaya, qui fait partie de l’Indonésie, et à l’est, la Papouasie-Nouvelle Guinée, qui acquit son indépendance en 1975. Irian Jaya représente environ 22 % de la surface de l’Indonésie, mais seulement 1 % de toute la population indonésienne.

Après atterrissage à Jayapura, sur la côte nord de l’île, continuation par avion à Wamena, dans l’intérieur de l’île, pour y trouver un guide et un véhicule tout-terrain permettant de s’enfoncer dans la jungle, à la recherche d’une tribu qui a conservé intactes ses coutumes ancestrales. Il faut plusieurs heures de piste pour atteindre cette tribu, qui vit près de la rivière Sungai Baliem et qui est habituée au contact avec des étrangers. Les hommes vivent pratiquement nus, avec de superbes ornements dans les cheveux et un long tube sur le sexe. Les femmes portent une sorte de pagne. Ces gens vivent d’une agriculture rudimentaire (culture de la patate douce avec des outils en pierre), et ils protègent leurs petits champs contre les pillards par des guetteurs perchés dans les arbres, qui appelleront à l’aide des villageois armés de lances et d’arcs. Un simulacre de combat est réalisé devant Mme Johnson, qui est la seule participante à cette expédition. C’est la partie « guerre » mentionnée dans le titre. La bataille terminée, c’est le lavage rituel à la rivière,  puis le retour au village du groupe victorieux, qui sera accueilli par des chants de victoire. Les maisons ne comportent qu’une entrée étroite, meilleure protection contre les visiteurs indésirables. Les femmes, craintives, apparaissent alors, mais elles restent clairement séparées des hommes, chaque occupant un des côtés de la place. Pour bien célébrer cette « victoire », on fera cuire un petit cochon de lait (par ailleurs offert traditionnellement par le visiteur étranger !). L’allumage du feu se fait en frottant un bâton sur une branche sèche, et le cochon est tué par un guerrier utilisant son arc et ses flèches. Des pierres sont placées sur le feu, c’est elles qui feront cuire la viande. Après avoir brûlé les poils du petit cochon et l’avoir farci avec des herbes, il faudra 6 heures sous les pierres brûlantes pour qu’il soit bien cuit. Pendant ce temps, des enfants courent avec leur sac pour les courses sur la tête. La découpe de la viande se fera à l’aide d’un couteau en bambou. L’efficacité de tels couteaux est incroyable, tranchants et résistants. Pendant le temps de la cuisson, un homme joue de la guimbarde, le petit instrument en métal vibrant devant la bouche qui fait écho. Quand vient le moment de la distribution de la viande, c’est d’abord le tour des hommes, les anciens en tête, puis les plus jeunes et enfin celui des femmes et des enfants.

Pendant la cuisson de la viande, un petit marché se développe, les femmes offrant des colliers et des tissages, et les hommes des couteaux en bambou notamment. Les ventes se font en monnaie locale, il n’y a pas de véritable marchandage. A cause du travail nécessaire pour réaliser les objets mis en vente, les prix demeurent assez élevés.

Ce contact privilégié avec des tribus si primitives n’est possible qu’avec l’accord du gouvernement local, qu’il faut aller chercher sur place. Il faut aussi trouver un guide local, capable de faire l’interprète entre le visiteur et les aborigènes, et un véhicule pour naviguer sur les pistes dans la jungle. Ce n’est pas à la portée du premier « tour operator » venu, et donc pas une halte classique dans un tour du monde. Il a fallu pour y arriver beaucoup de détermination et de confiance en soi – ce qui est d’autant plus remarquable pour une personne du troisième âge qui a fait tout cela seule. Unique exigence pour Mme Johnson : pouvoir dormir dans un lit d’hôtel, et non pas dans une hutte ! Pour tout cela, ce récit a une valeur exemplaire. Le voyage, c’est aller au-devant des autres, « sachant que chaque minute du voyage serait une découverte », comme le dit Ella Maillard dans « La Voie Cruelle ». Un grand merci de nous avoir permis de partager de si impressionnantes découvertes.


 Irian Jaya, la Papouasie occidentale
En bleu: avion
En rouge: véhicule 4x4

 Premier contact avec les aborigènes: le gardien des récoltes
perché dans sa tourelle

 En cas de danger, il fait venir les hommes armés du village

 La troupe est impressionnante !

 Nus mais coiffés, les armes à la main

Les intrus ont été mis en déroute... 

 ...les combattants peuvent retourner au village.

 De fiers combattants

 Les défenseurs sont accueillis au village...

...par les femmes...

 ... et par les anciens.

 Célébration du combat victorieux

 Jeunes femmes et enfants

 Allumage du feu en frottant un bois sec sur une branche

 On chauffe sur le feu les pierres de cuisson

 Le chef du village supervise les opérations

Un petit cochon sera cuit sous les pierres pour célébrer

 Les anciens surveillent

 Jeunes femmes avec leur panier pendu à leur tête

 Tout le village attend la cuisson du cochon

Un ancien joue de la guimbarde 

En attendant la fin de la cuisson (6 heures!), un petit marché s'organise:
colliers et tissages pour les femmes,
couteaux en bois de bambou et longs cache-sexe pour les hommes 

La distribution de la viande commence par les anciens et les hommes.. 

...les femmes et les enfants seront servis en dernier.