vendredi 26 janvier 2018

Séance du 7 novembre 2017

Autour de la Corse
par Klaus et Frieda Dellamaria

C'est au mois de mai que ce voyage de trois semaines tout autour de la Corse fut réalisé. La voiture reste le seul moyen vraiment pratique pour un tel périple. Le tour complet de l'île représente 1700 km, sur des routes sinueuses et très étroites, interdisant toute vitesse élevée. Le transport de la voiture se fait sans problème par le ferry reliant Gêne à Bastia. L'île compte 320'000 habitants et reçoit quelques 3'000'000 de touristes par année. On estime à plus de 2'000'000 les Corses émigrés, dont quelque 600'000 en France. 

Au départ de Bastia, on fera le tour de l'île dans le sens inverse des aiguilles de la montre, en passan t successivement par Calvi, Ajaccio, Bonifacio, Aléria et finalement Corte avant de rejoindre la ville de départ et d'embarquer vers le continent.

Le port de Bastia, avec le ferry à quai

Bastia - monument à l'effigie de Pascal Paoli (1725-1807), qui prit le tête de l'insurrection entre 1755 et 1769 pour obtenir (déjà!) l'indépendance de la Corse.

Bastia - Oratoire de la Confrérie de la Sainte-Croix, utilisé souvent pour des concerts.

Bastia - La Citadelle

Bastia - marché aux puces du dimanche sur l'esplanade Saint-Nicolas

San Martin di Lota

Erbalunga, un petit port authentique et très préservé, avec sa vieille tour gênoise

Dominant la route, la tour de Losse, tour gênoise parmi les mieux conservées de l'île

L'île de la Giraglia, avec son phare de 1840

Centuri, toujours au nord de la Corse, avec sa chapelle de la confrérie des Pénitents de la Sainte-Croix, malheureusement en mauvais état.

Le port de Centuri, dont l'accès est si étroit qu'il est réservé uniquement aux pécheurs et aux locaux.

Centuri - quelques bistrots du port vraiment engageants.

Ici commence vraiment la traversé nord-sud de l'île sur la côte ouest. La longueur nord-sud est de 183 km, et la largeur de 84 km au maximum. Avec tous les virages de ces routes étroites et sinueuses, la traversée effective nord-sud atteint 494 km, et la longueur totale de ce tour de Corse est montée à 1774 km au compteur! Malgré l'étroitesse des routes, pas un accident, même pas une tôle froissée, rien !

On entre dans une région riche en vieux bâtiments, dont une bonne partie a été abandonnée par des habitants partis chercher fortune hors de l'île: 2'000'000 d'émigrés ! Ici, le petit village de Pino Scalu, très difficile à atteindre-

La ruine de la Sassa, en bien mauvais état, où vécurent les Avogari de Gentile, entre 1523 et 1624

La plage abandonnée de Nonza, avec ses galets noirs provenant de l'ancienne carrière d'amiante de Canari-Abro, fermée en 1965.

Nonza - la petite place centrale, l'église paroissiale de Sainte-Julie et les constructions médiévales aux beaux toits de lauze (pierres plates)

Saint-Florent, le petit paradis du Cap Corse, avec son petit port

Île Rousse - la place avec ses nombreux cafés et terrasses au centre ville

Calvi - vue d'ensemble de la ville avec son golfe

Calvi, la citadelle

Calvi - la montée à la citadelle

Calvi - vue du port depuis la citadelle

Départ pour une excursion vers le golfe de Scandola, inscrit au répertoire du patrimoine mondial de l'UNESCO

Les belles falaises de Scandola

Dans la région de Fangu, en balade sur le "sentier du facteur", rencontre avec un groupe de marcheurs au long cours

Une belle étape au port de Porto, dominé par le Capo d'Orto (1300 m.)

Porto - coucher de soleil spectaculaire qui attire de très nombreux touristes

Les Calanche de Piana. Au fond, les falaises de Scandola, à droite le golfe de Girolata

Sur la route d'Ajaccio, les oliveraies sont déjà prêtes pour la récolte de l'année.

Cargèse - L'église grecque orthodoxe, construite en 1874 pour les Grecs qui avaient fui la domination ottomane dès 1676. Le second clocher de Cargèse est celui de l'église catholique.

Ajaccio, le port d'entrée principal pour la Corse. Au-dessus du port, une vue des quartiers modernes, mais heureusement il y a d'autres endroits plus pittoresques.

Ajaccio. La bibliothèque municipale du Palais Fesch. Le cardinal Fesch était un oncle de Napoléon Bonaparte.

La maison où naquit Napoléon le 15 août 1769. C'est aujourd'hui un musée.

Ajaccio - la place Charles de Gaulle. La ville fut la première ville de France
à être libérée de l'occupation allemande le 9 septembre 1943.

Ajaccio. Vue sur l'archipel des Sanguinaires, avec son phare.

Le site préhistorique de Filitosa, près de Sollacaro. Vue sur l'oppidum fortifié, avec ses sculptures de l'époque néolithique.

Une cabane de berger typique dans la forêt.

Sartène. Pour les insulaires, c'est la plus corse des villes corses!

Bonifacio. La ville la plus au sud de l'île, à seulement 170 km de Bastia, atteinte après onze jours de voyage. La ville fut très longuement disputée entre Gênois et Pisans, d'où cette imposante citadelle et le rempart de 2.5 km qui ceinture la ville haute.

Bonifacio, à la découverte de la vieille ville, perchée haut sur les falaises et dominant la mer.

Le sentier aménagé dans une veine du calcaire des falaises, pour atteindre la plage des Sutta Roca.

Ce bout de falaise, le "Grain de sable", sert de terrain de jeu pour des jeunes audacieux qui en ont fait leur plongeoir favori !

Une vue classique d'une ville en sécurité sur ses falaises...  En haut à gauche de la photo, le début du sentier du Roi d'Aragon, datant de 1420, avec ses 187 marches qui descendent vers la mer.

Coucher de soleil sur le phare de la Madonetta, qui balise l'entrée du goulet de Bonifacio depuis 1854.

Après avoir quitté Bonifacio, remontée vers le Nord par la côte est. Premier arrêt à Porto Vecchio, à 30 km de Bonifacio. 

Aléria, plus haut sur la côte est, était une cité romaine dont il reste d'imposants vestiges.

Petite incursion vers l'intérieur de l'île, avec cette vue de Piedicorte di Gaggiole, telle qu'elle apparaît depuis Pietraserena, au-dessus de sa forêt de châtaigniers.

Loin des grands centres touristiques, la vie du village semble diablement sympathique, à la terrasse de l'unique auberge: U Fugone !

C'est la région des amoureux de la randonnée, en haute et moyenne montagne. Un mythique sentier de grande randonnée, le GR 20, permet de traverser toute la Cors,e du Nord (de Calenzana) vers le Sud (à Conca), sur un tracé de 200 km à travers les montagnes.

Corte, le petite ville du centre de la Corse, choisie par Pascal Paoli comme capitale de la Corse entre 1755 et 1769.

La citadelle de Corte

Il y a de nombreux points d'intérêt dans cette ville, comme ici la statue de Jean-Thomas Arrighi de Casanova, duc de Padoue, un cousin de Napoléon Bonaparte.

Corte, avec ses 6000 habitants, est une ville universitaire qui compte quelque 4100 étudiants !

Retour vers la côte, avec quelques beaux points de repos pour profiter encore un peu du voyage

Mais bien vite ce sera le retour à Bastia, et l'embarquement sur le ferry vers Gênes.





lundi 6 novembre 2017

Séance du 10 octobre 2017

Kosovo, Kosovars
par Roland Meige

Cette présentation est divisée en trois parties: une présentation générale - géographique et historique - du Kosovo; un photo-reportage; et enfin une vidéo consacrées à deux Kosovars devenus Suisses et installés dans la région de Nyon.

1. Le Kosovo
Le Kosovo était une province déshéritée de l'ex-Yougoslavie.
Elle fut par le passé le théâtre d'une bataille féroce entre l'empire serbe et l'empire ottoman au XIVe siècle: le 25 juin 1389, à Kosovo Polje, les Ottomans contraignent les Serbes à reculer: c'est le début de la domination ottomane sur tous les Balkans. Cette défaite serbe est cependant toujours célébrée avec vénération par les Serbes. Lors de la commémoration du 600e anniversaire de la bataille, le 15 juin 1989, Slobodan Milosevic fera un discours incendiaire à Kosovo Polje qui va mettre le feu à toute la région et provoquer la terrible guerre dans les Balkans (1991-1999). Dès la fin de la guerre, la Serbie a exercé une telle répression sur la province que celle-ci a commencé à lutter pour son indépendance, à travers les actions de son armée de libération nationale, l'UCK. Parallèlement, de très nombreux albanophones de la région (Kosovo, mais aussi Monténégro et Macédoine) s'expatrient. La Suisse et l'Allemagne en ont accueilli le plus grand nombre. On estime à 250'000 le nombre d'albanophones en Suisse actuellement. Pour la majorité d'entre eux, l'intégration dans la population suisse a été réussie.
Après des combats meurtriers et l'action de leaders politiques comme Ibrahim Rugova, le Kosovo déclare unilatéralement son indépendance le 17 février 2008. Dix jours seulement plus tard, la Suisse reconnaît le nouveau pays et établit des relations diplomatiques et consulaires.
Le Kosovo n'a aucun accès à la mer et il est entouré par la Serbie, la Macédoine, l'Albanie et le Monténégro.


Toutes les cartes proviennent d'internet

D'une superficie à peine plus petite que la Suisse romande, et avec une population semblable à celle de la Suisse romande, le Kosovo lui ressemble aussi par son aspect physique, avec des régions de basse altitude et doucement vallonnées. Quelques massifs montagneux plus importants se retrouvent au Nord-Ouest du pays, à la frontière avec le Monténégro, dans la partie à prédominance serbe de Mitrovica au Nord, et dans le Sud à la frontière avec la Macédoine et l'Albanie.


Carte des reliefs

La population est à majorité musulmane et albanophone, mais quelques régions restent dominées par une très forte présence serbe (orthodoxe), notamment dans la pointe nord totalement entourée par la Serbie, et au Sud (autour de Strpce et dans une bande en retrait de la frontière avec la Macédoine. Des tensions surgissent périodiquement entre les communautés serbes et albanophones.

Répartition ethnique au Kosovo

L'économie est chaotique, les quelques industries lourdes créées du temps de la Yougoslavie socialiste autour des ressources minières du nord, ont été abandonnées progressivement et laissent d'énormes friches industrielles qu'il est trop onéreux de détruire ou de réhabiliter. Le chômage général atteint 46 %, avec un taux catastrophique de 75% chez les jeunes. Le marasme politique n'incite pas à l'investissement de capitaux étrangers. La bonne qualité des terres, exploitées actuellement pour une agriculture de subsistance, pourrait permettre un bon développement si l'on pouvait y faire les investissements nécessaires, notamment dans la mécanisation.
Les Albanais du Kosovo installés en Suisse participent à l'aide au développement du pays, tout comme la Confédération suisse par l'intermédiaire de projets du SECO (Secrétariat à l'Economie), mais les effets tardent à se faire sentir. La Suisse est aussi présente dans la KFOR, la force des Nations Unies pour le Kosovo, qui assure la sécurité dans le pays.

2. Photo-reportage sur le Kosovo
Toutes les photos de ce reportage sont © Roland Meige. Légendes de l'auteur.


Dans la capitale, Pristina: le Monument de l'Indépendance

Pristina: Boulevard Bill Clinton

Pristina: Boulevard Mère Térésa, peinture murale d'Ibrahim Rugova

Pristina: Siège du gouvernement

Pristina: Siège de la Délégation de l'Union Européenne

Pristina: traces ottomanes: mosquée Llapit, XVe siècle

Prizren: Mosquée Sinan

Paysage: Plaine centrale, village avec son minaret, vignes en premier plan

Paysage: village, constructions simples, souvent pas terminées. Petit cimetière musulman

Paysage: pays entouré de montagnes de moyenne altitude

Paysage: agriculture peu mécanisée, bon potentiel de développement

Industrie: friches industrielles aux abord des villes et des bourgs

Industrie: friches industrielles, sols pollués et dégradés

Industrie : la centrale thermique de Obilic, l’une des plus polluantes d’Europe 

Région frontière avec l’Albanie : ruines de l’habitat traditionnel albanais 

Région frontière avec l’Albanie : les gamins et leurs rêves de football 

Vallée de Prekaz : cimetière monumental de l’UCK 

Vallée de Prekaz : tombes du héros national Adem Jashari et de ses fils 

Les routes sont jalonnées de tombes datant de la guerre 

Enclaves serbes : traces de la très ancienne présence des Serbes 

Enclaves serbes : petite chapelle orthodoxe 

Les grands monastères serbes : Pec, XIIIe siècle (patrimoine UNESCO) 

Les grands monastères serbes : Gracanica, XIVe, des fresques réputées dans le monde orthodoxe 

Les grands monastères serbes : Visoke Decani, XIVe. Siècle (patrimoine UNESCO), très actif 

Pristina : étudiants devant l’université, l’avenir du pays 

3. Vidéo
Connaissant personnellement deux Kosovars naturalisés Suisses habitant dans la région de Nyon, Roland Meige a tourné un beau documentaire sur la réussite professionnelle du boulanger de Tannay et d'un pêcheur de Nyon. Nous les voyons dans leurs activités professionnelles, particulièrement exigeantes avec des démarrages de la journée de travail bien avant l'aube dans le fournil et sur le lac, et aussi dans leur famille. Ils racontent comment ils se sont progressivement installés et intégrés, ils évoquent leurs difficultés initiales, et ils nous disent comment ils ont demandé et obtenu leur naturalisation. On les voit aussi revenir au Kosovo pendant les vacances d'été - ce que font la plupart des Kosovars installés en Suisse. C'est une nécessaire période de fête pour garder vivants les liens avec leur pays d'origine. Avec ces belles images et des témoignages directs et d'une grande sincérité, on ne peut que se réjouir de leur réussite, et souhaiter que tous les immigrés puissent atteindre ce niveau d'intégration.

4. Livre 
Roland Meige a réalisé un livre de photoreportage sur ce sujet. En voici les caractéristiques:

NEWBORN KOSOVO
Photoreportage
Roland Meige

87 pages - 118 photos couleurs - textes et légendes - format A4 paysage
Edition d’auteur hors commerce - CHF 40.-
Disponible chez l’auteur


Livre de photo-reportage de Roland Meige