mardi 9 mars 2010

Séance du 9 mars 2010


Souvenirs d’Arménie

Myriam et Bernard Hauck




















Erevan et le Mont Ararat












Centre d'Erevan














Exemple de Katchkar (monument funéraire)

















Monastère de Marmashen (Xe - XIe siècles)












Monastère de Tater (IXe et XIIe siècles)












Jeunes Russes en promenade à Lermontovo












Le caravansérail du Col de Selim (1332)








La présentation de Myriam Hauck, dont le commentaire est ponctué par quelques ajouts de son mari, rend compte de ses impressions durant un voyage d’une dizaine de jours en mai 2009. Ce petit pays de moins de 3'500'000 habitants, entouré de toutes parts par des pays souvent hostiles, sans accès à la mer, sans grandes ressources, souvent envahi au cours de son histoire, essaie de survivre à l’effondrement du régime soviétique. Le tremblement de terre de 1988, le chômage élevé, la guerre pour le Haut-Karabagh, ont laissé des traces sur la vie quotidienne des habitants. Mais la très longue histoire du christianisme et de l’Eglise arménienne, la beauté des monastères, la richesse des manuscrits anciens, la ferveur des habitants, sont autant de joyaux que l’on découvre en parcourant le pays. Face à la capitale Erevan se dresse le Mont Ararat, imposant au-dessus de la plaine, ultime refuge de Noé pendant le déluge – mais inaccessible aujourd’hui pour les Arméniens, puisque situé en Turquie, ce voisin que l’on n’arrive toujours pas accepter à cause de son refus de reconnaître le génocide de 1915.

Dans ce contexte tourmenté, les monastères des Xe et XIe siècles apparaissent vraiment comme des lieux de paix et de beauté – Marmashen, Sanahin, Tater, Haghartsin. Par leur méthode de construction particulière, certains ont ainsi échappé aux multiples séismes et nous sont parvenus intacts. Sanahin : village natal des frères Mikoyan, dont l’un fut ministre du ravitaillement sous Staline et utilisa les monastères comme greniers à grain (les sauvant ainsi de la destruction par les athées soviétiques), et l’autre constructeur, avec Gourevitch, d’avions de guerre dont le fameux MiG 21 ! Ailleurs, c’est la trace laissée par la Russie tsariste, qui a déplacé vers 1850, le long d’une route, tout une communauté de croyants sectaires, dans ce qui est devenu le petit village russe de Lermontovo. Y subsiste une Russie oubliée et paysanne, où se retrouvent des formes architecturales et des modes de vie que l’on croirait encore d’une autre siècle. – Une incursion dans la République du Haut-Karabagh a permis de mieux saisir toute la violence de la guerre et la lutte pour la reconstruction de ce minuscule pays de montagne, notamment à Chouchi. Autre paysage de montagne : le col de Sélim, avec son extraordinaire caravansérail du XIVe siècle, sur l’antique route de la soie, aplati sur son flanc de montagne, et pourtant richement décoré de motifs purement orientaux. – Retour vers la capitale, encore marquée par les constructions grandioses du temps des soviétiques, mais qui peine à accueillir les quelque 1'100'000 habitants qui s’y pressent. Pour terminer, quelques vues insolites : les restes de grandioses constructions soviétiques abandonnées en rase campagne avant d’être terminées, les tuyaux de distribution du gaz qui zigzaguent à deux mètres du sol à travers la ville, les petites marchandes qui essayent de vendre aux touristes leurs petits tricotages…

Un pays attachant par la gentillesse de ses habitants et par l’impressionnante beauté de ses monastères, fortement soutenu par une diaspora puissante qui finance la reconstruction ou l’entretien de routes ou d’églises.